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![]() information transmise par "Paul St Charles" |
" RAËL, journal d'une infiltrée " a été publié
en mars 2004 par Brigitte McCann aux éditions Stanké.
Photos de Chantal Poirier.
On peut commander ce livre au Canada sur
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Peu après l'annonce de la naissance du premier bébé cloné, le 27 décembre 2002, Le Journal de Montréal confie à l'une de ses journalistes la mission d'infiltrer le mouvement raëlien, l'un des groupes religieux les plus controversés du moment. C'est ainsi que Brigitte McCann est lancée sans avertissement dans une enquête exemplaire qui lui fait découvrir les dessous du mouvement de Claude Vorilhon, alias Raël. Lentement mais sûrement, de rendez-vous en rencontres, de voyage en stage, elle fait la connaissance de raëliens, de guides, de figures marquantes de l'organisation - jusqu'à être baptisée par le gourou lui-même. Elle comptera même parmi les quelques candidates retenues par Brigitte Boisselier en vue du prochain coup médiatique projeté par Clonaid. Après plus de neuf mois d'enquête, Le Journal de Montréal publie dans ses pages, à compter du 7 octobre 2003 et durant six jours, les découvertes de Brigitte McCann. Diffusé aussi bien au Québec qu'au Canada anglais et aux États-Unis par les quotidiens de Sun Média, son reportage la propulse, du jour au lendemain, au rang de journaliste-vedette et elle multiplie les entrevues partout en Amérique du Nord auprès des plus grands médias.
Raël - Journal d'une infiltrée propose d'aller plus loin que le reportage en présentant le récit, au jour le jour, de neuf mois de recherches et en décrivant les retombées de l'enquête journalistique de l'année 2003. |
Extrait (Conclusion, pages 345-346) :
Malgré le canular de bébé Ève, un grand nombre de médias persistent à voir dans le mouvement raëlien une excellente source d’information-divertissement.
Ce livre vise à mettre un point final à la malhonnêteté intellectuelle du mouvement raëlien, qui ne pourrait exister - du moins aux yeux de l’opinion publique - sans le «concours promotionnel» des médias.
Triste fait démontré par la présente enquête : chaque référence à Raël dans les médias, même les plus critiques, est d’abord et avant tout, aux yeux de Vorilhon, une victoire sur «les journalistes imbéciles ». Il récupère avidement chacune de ces interventions et s’y accroche comme une diva déchue en manque d’attention. Ce triomphe personnel nourrit sa soif de reconnaissance, à l’origine de la création de son personnage de Raël. Mais pour qui a suivi le parcours du gourou depuis les années 1970, il s’agit aussi d’une douce vengeance, d’un énorme pied de nez à un milieu qu’il a dû quitter, faute de succès : le monde des médias.
Notre incursion à l’intérieur du mouvement démontre toutefois comment les médias font encore davantage pour Vorilhon : ils l’aident à garder, voire à accroître, le contrôle sur le mouvement religieux qui comble ses moindres besoins.
Les apparitions à la télévision des dirigeants du mouvement sont enregistrées puis projetées sur écran géant durant les rassemblements, alors que les reportages écrits sont transmis à tous les raëliens sur Internet par liste de messagerie. Tout cela est le fruit d’une stratégie concertée. Chaque apparition nourrit la vénération et le dévouement des disciples envers le gourou, confirmant à leurs yeux la légitimité du personnage et de ses enseignements. L’impact médiatique de l’annonce de la naissance de bébé Êve a consacré le phénomène, aidant Vorilhon à accroître son emprise sur ses fidèles.
Voilà pourquoi le gourou est prêt à tout, même aux plus grandes supercheries, afin que son mouvement reste «au top de l’actualité».
«Pourquoi les médias m’invitent ? demandait Vorilhon à ses disciples. Parce que ça fait monter l’audimat ! Ça fait rentrer de l’argent ! Et moi, est-ce que je m’en sers ? Bien sûr ! Bien sûr !»
Apparemment, ce ménage médias-Raël fait le bonheur des deux parties : les médias diffusent le moindre événement en provenance du mouvement, et le mouvement reprend à son compte la moindre parcelle d’intérêt accordée par les médias. Qui mettra fin à cet échange de bons procédés ? Certainement pas le mouvement raëlien !
Le canular du clonage humain démontre à quel point les grands médias d’information sont perméables à l’intoxication, aux mensonges et à la désinformation véhiculés par des personnages manipulateurs. Compétition oblige, chacun semble vouloir de la nouvelle, là, tout de suite, sans égard pour l’authenticité des sources.
Apparemment, pas un média avant le Journal de Montréal n’avait cru bon de prendre le temps d’infiltrer le mouvement afin de prouver 1'évidence du canular, bien que la nouvelle ait fait le tour du monde. De l’intérieur, pourtant, le décalage important entre la désorganisation totale du mouvement à tous les niveaux et la prodigieuse percée scientifique qu’il ose revendiquer face au monde entier saute aux yeux.
Il est permis de souhaiter que cette enquête d’infiltration - la première et probablement la dernière au sein du mouvement - donnera l’heure juste et définitive sur Claude Vorilhon et son organisation, tout en décourageant de nombreux adhérents de venir grossir les rangs de ses victimes. Car le mouvement ne pourrait survivre sans sa base, ces quelques centaines de crédules adéquatement manipulés dont les cotisations permettent à Vorilhon de pouvoir entretenir le culte de sa personnalité et de poursuivre paisiblement ses campagnes de désinformation.
Cela dit, il restera toujours des médias qui continueront de tomber dans la facilité et se précipiteront sur ce matériel sensationnaliste bon marché que leur procure avec plaisir «le dernier des prophètes». Espérons qu’ils seront désormais moins nombreux...

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