Encyclopédie mensuelle "Inexpliqué, le monde de l'étrange, de l'insolite et du mystère"
n°99, février 1983
article pages 1972 à 1975

couverture Encyclopédie mensuelle "inexpliqué" n°99, février 1983
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L'affaire de Cergy-Pontoise

Trois jeunes Français ont récemment fait la une de l'actualité internationale. Ils affirmaient avoir été enlevés par des extra-terrestres près de Cergy-Pontoise, dans la région parisienne. Le point sur une affaire controversée.

Franck Fontaine quitte le commissariat après son « enlèvement ». La semaine pendant laquelle il avait disparu n'avait laissé aucune trace dans son esprit. Jean-Pierre Prévost, le principal animateur de l'affaire de Cergy-Pontoise. Le fait d'avoir eu l'audace de prévenir la police a beaucoup fait pour qu'il soit pris au sérieux... Salomon N'Diaye à la sortie du commissariat.
Franck Fontaine quitte le commissariat après son « enlèvement ». La semaine pendant laquelle il avait disparu n'avait laissé aucune trace dans son esprit.
Jean-Pierre Prévost, le principal animateur de l'affaire de Cergy-Pontoise. Le fait d'avoir eu l'audace de prévenir la police a beaucoup fait pour qu'il soit pris au sérieux...
Salomon N'Diaye à la sortie du commissariat.

« Un jeune Français ramené sur Terre avec des heurts ». Telle était la manchette du Times à Londres ; et un peu partout dans le monde, les médias rapportèrent les faits avec la même hésitation à prendre l'affaire au sérieux. Mais ceci au moins était sûr : Franck Fontaine, qui avait soi-disant été enlevé par un ovni une semaine plus tôt, était rendu à sa famille, à ses amis et au monde étonné le lundi 3 décembre 1979.

Où avait-il passé ces huit jours d'absence ? Le public, espérant une histoire qui rendrait la conquête de la Lune insipide, fut déçu. Les souvenirs de Fontaine étaient réduits et confus. Il lui semblait simplement qu'il avait dormi pendant une demi-heure. Il fut étonné et épouvanté d'apprendre qu'il avait disparu pendant une semaine. Il attribuait les étranges visions de son esprit à ses rêves, et fut troublé d'entendre qu'il avait été enlevé par des extra-terrestres.

Fontaine ne fut pas moins atterré de se retrouver objet de curiosité publique. Pendant son absence, ce furent ses amis Salomon N'Diaye et Jean-Pierre Prévost, témoins de l'enlèvement, qui restèrent l'objet de l'attention de tous. Dès leur premier coup de téléphone à la police (« Un de mes amis vient d'être enlevé par un ovni. »), ils furent soumis a leurs interrogatoires, et à ceux de la presse et des enquêteurs ufologues de différentes obédiences, allant du scientifique pur au bizarre le plus fumeux.

Le retour de Fontaine relançait l'intérêt de l'affaire, et lavait ses amis des soupçons d'être responsables de la disparition -- et peut-être de la mort -- de Franck.

La façon de vivre des trois jeunes gens n'était pas de nature à dissiper les soupçons. Tous trois -- Prévost âgé de vingt-six ans, N'Diaye de vingt-cinq ans et Fontaine de dix-huit ans -- gagnaient précairement leur vie en vendant des jeans sur les marchés. Ils roulaient dans une vieille voiture, sans carte grise ni assurance, et aucun n'avait le permis de conduire. Prévost se prétendait anarchiste. Lui et N'Diaye vivaient en voisins dans une cité de Cergy-Pontoise, en région parisienne. Fontaine habitait à 3 km de là.

Selon leur récit, Fontaine avait passé le dimanche soir dans l'appartement de Prévost, parce qu'ils avaient l'intention de partir à 3 h 30 pour le marché de Gisors. Le marché ne commençait qu'à 8 heures, mais ils voulaient être bien placés. De plus, leur break Taunus roulant très poussivement, ils jugeaient prudent de compter largement leur temps. A 3 h 30 donc, après seulement quatre heures de sommeil, ils se levèrent et se préparèrent à charger la voiture.

Tout d'abord, ils firent tourner le moteur pour s'assurer qu'il fonctionnait bien. Comme il tournait, ils décidèrent que Fontaine resterait dans la voiture pendant que les deux autres montaient chercher la marchandise. Fontaine avait tout le loisir de regarder autour de lui, c'est pourquoi il distingua une lueur brillante dans le ciel. Quand ses amis arrivèrent avec leurs fardeaux, il leur montra l'objet. Il était de forme cylindrique, mais impossible à identifier. Quand cet objet s'avança au-dessus de l'immeuble, N'Diaye bondit dans les escaliers pour chercher son appareil photographique, pensant qu'il pourrait vendre à bon prix la photographie de l'objet aux journaux. Prévost remonta chercher un autre paquet de vêtements cependant que Fontaine, dans l'espoir de voir mieux, avançait la voiture jusqu'à la nationale qui bordait la cité.

En l'entendant changer de vitesse, ses deux compagnons se penchèrent à la fenêtre de leurs appartements respectifs. Tous deux virent que Fontaine avait stoppé la voiture sur la route et constatèrent que le moteur ne tournait plus. Prévost, inquiet à l'idée de devoir pousser la voiture chargée pour la faire redémarrer, se précipita à nouveau dans l'escalier. Il cria à N'Diaye de laisser tomber l'appareil photographique, car l'ovni avait disparu. N'Diaye arriva sur ses talons en disant que, de toute façon, il n'avait pas de pellicule dans son appareil. Il ajouta que, de sa fenêtre, il avait vu la voiture entourée d'une grande boule de lumière.

Dehors, les deux jeunes gens s'arrêtèrent ahuris : la silhouette de la voiture était enveloppée d'une sphère bien définie de brouillard lumineux, autour de laquelle se déplaçaient de nombreuses petites boules lumineuses. Ils contemplèrent un moment le spectacle et ils virent le gros globe absorber toutes les petites boules, sauf une. Puis un rayon de lumière apparut, qui augmenta de taille jusqu'à devenir comme la forme cylindrique qu'ils avaient vue auparavant. La sphère sembla entrer dans le cylindre, qui disparut dans le ciel.

Ils se ruèrent sur la voiture, mais ne trouvèrent aucune trace de Fontaine. Il n'était pas dans la voiture, ni sur la route, ni dans le champ de choux à côté. Prévost insista pour prévenir la police tout de suite et N'Diaye y alla. Prévost, resté près de la voiture, fut le seul témoin de la dernière phase de l'incident : une des boules lumineuses qui tournaient autour de la voiture parut pousser la porte pour la fermer. Puis elle s'évanouit...

Les apparitions d'ovnis relevant en France du domaine militaire, les agents conseillèrent à Prévost et N'Diaye d'alerter la gendarmerie, qui dépend du ministère de la Défense nationale. Tous deux passèrent presque toute la journée avec les gendarmes, répétant sans cesse leur histoire. Les enquêteurs s'interrompirent pour le déjeuner, cependant que les deux témoins téléphonaient à la presse. Plus tard, le commandant Courcoux, de la brigade de Cergy, dit aux journalistes qu'il n'y avait pas de raison de ne pas croire les deux jeunes gens, que sans nul doute quelque chose était arrivé, et qu'il ne pouvait donner aucune indication quant à la nature de ce « quelque chose ». Dans une interview ultérieure il avoua : « Nous nageons en pleine fantaisie. »
la police enquête sur les lieux de la disparition présumée de Franck Fontaine, dont ses amis affirmaient qu'il avait été enlevé par un ovni. En pleine banlieue parisienne. (note du webmaster : en fait, ce n'est pas la police mais la gendarmerie)
la police enquête sur les lieux de la disparition présumée de Franck Fontaine, dont ses amis affirmaient qu'il avait été enlevé par un ovni. En pleine banlieue parisienne. (note du webmaster : en fait, ce n'est pas la police mais la gendarmerie)

Quand Fontaine donna sa version personnelle de l'affaire, il n'y avait, semble-t-il, pas de raison de mettre en doute sa sincérité. Il raconta comment il s'était réveillé gisant dans un champ de choux. Se redressant, il s'aperçut qu'il se trouvait en face de l'immeuble de ses amis, de l'autre côté de la route, et donc tout près de l'endroit où il avait arrêté la voiture pour mieux regarder l'ovni. Mais la voiture n'était pas là. Sa première pensée, alors qu'il se hâtait, toujours endormi, vers le bâtiment, fut que quelqu'un avait volé le break et sa cargaison de vêtements. Ni Prévost ni N'Diaye n'étaient en vue, aussi se rua-t-il dans l'escalier et sonna-t-il chez Prévost. N'obtenant pas de réponse, il recommença chez N'Diaye. Celui-ci apparut, à moitié endormi, le regarda, ahuri, puis leva les bras dans un geste de joyeuse bienvenue. Fontaine, déjà surpris de voir son ami en pyjama, fut encore plus abasourdi d'apprendre qu'une semaine entière s'était écoulée depuis le matin du marché de Gisors !

Les médias rendirent compte de sa réapparition, mais réservèrent leurs conclusions en attendant celles des autorités. Toutefois, la police déclara que ce n'était plus son affaire, aucun crime n'ayant été commis. Hormis le caractère invraisemblable de l'histoire de Fontaine, il n'y avait pas de raison de douter de ses déclarations ni de celles de ses amis.

la police enquête sur les lieux de la disparition présumée de Franck Fontaine, dont ses amis affirmaient qu'il avait été enlevé par un ovni. En pleine banlieue parisienne. (note du webmaster : en fait, ce n'est pas la police mais la gendarmerie)Franck Fontaine quitte le commissariat après son « enlèvement ». La semaine pendant laquelle il avait disparu n'avait laissé aucune trace dans son esprit.
 
Note du webmaster : Notez le jeune homme blond à gauche de la photo, qui tient deux livres dans sa main droite et tente d'aggripper Franck Fontaine de sa main gauche. Il s'agit d'un Raëlien et les livres qu'il tient sont fort probablement "Le livre qui dit la Vérité" et "Les Extra-Terrestres m'ont emmené sur leur planète".
Ce qui permet de l'affirmer c'est que ce blondinet est cité dans un article du quotidien La Dépêche du Midi paru en 1979, à l'époque des faits.
La présente page étant rédigée en 2004, on voit que dans le cas d'une histoire réelle, des déductions peuvent encore naître du simple croisement de différentes sources d'information concernant une histoire ayant eu lieu 25 ans auparavant, et ces déductions confirment la cohérence des faits. Cela confirme aussi qu'il y eu au moins un raëlien pour affirmer que l'enlèvement de Franck Fontaine était effectivement d'origine Extra-Terrestre et que cela « prouvait » que l'histoire de Claude Vorilhon était la vérité, sauf que [voir la note de fin de page...]

C'était désormais aux organismes spécialisés dans le phénomène ovni d'intervenir. Dès le début, les témoins avaient été assiégés par des groupes français. Ils sont très nombreux, pour la plupart farouchement indépendants et refusant de coopérer entre eux. L'un des plus connus est Contrôle, auquel nous devons presque tout ce que nous savons du cas de Cergy-Pontoise.

Mais un autre groupe se manifesta avant Contrôle, pendant que Fontaine était encore disparu : l'Institut mondial des sciences avancées. Son cofondateur et porte-parole était l'écrivain de science-fiction bien connu Jimmy Guieu, auteur de deux livres sur les ovnis. Avant d'entamer toute enquête, Guieu affirma sa croyance dans l'histoire racontée par les témoins : « II n'y a pas de doute, Franck Fontaine a bien été enlevé par un ovni », déclara-t-il dans une interview.

Jimmy Guieu, un excellent écrivain de science-fiction. Son renom a beaucoup fait pour le retentissement de l'affaire de Cergy-Pontoise.
Jimmy Guieu, un excellent écrivain de science-fiction. Son renom a beaucoup fait pour le retentissement de l'affaire de Cergy-Pontoise.

Un livre de Guieu, Contact ovni à Cergy-Pontoise, parut dans un délai étonnamment court, tout juste quatre mois après la réapparition de Fontaine. Combinant la réputation de Guieu et l'extrême intérêt du cas, ce fut immédiatement un succès. Mais les lecteurs avides de révélations extraordinaires furent déçus : l'histoire fut noyée dans les flots du style journalistique de Guieu et dans des digressions sur d'autres cas. Les témoignages de première main du principal intéressé - Fontaine, l'enlevé lui-même - manquaient presque totalement.

Guieu avait espéré que Fontaine se rappellerait les détails de son aventure s'il était hypnotisé, mais le jeune homme refusa systématiquement de subir la séance d'hypnose. Alors Prévost se proposa pour être hypnotisé à sa place. Le résultat fut absolument étonnant : il apparut alors que le véritable objet de l'intérêt des extra-terrestres était non pas Fontaine, mais Prévost. Maintenant, parlant à travers lui, les extra-terrestres s'expliquèrent : ils désiraient sauver la Terre d'un désastre imminent. Leur porte-parole était Haurrio, un caractère amical et plutôt bavard.

Jimmy Guieu et Jean-Pierre Prévost s'attendaient-ils à ce que leur récit soit cru ? C'est ce que nous ne saurons jamais. En tout cas, ils réussirent à rendre encore plus difficile à admettre le récit original de l'enlèvement supposé. Les doutes grandirent encore quand une équipe d'enquêteurs de Contrôle entreprit d'étudier le cas sans la coopération des témoins, contrôlant tous les points critiques et disséquant les témoignages de leur mieux.

Michel Piccin et ses collègues de l'organisation Contrôle avaient relevé, dès le début, des sottises et des contradictions dans les déclarations des témoins. Et plus ils avançaient, plus ils trouvaient des erreurs. C'étaient d'abord des détails futiles, marginaux, comme l'insistance de Prévost à affirmer qu'il ne s'était jamais intéressé aux soucoupes volantes avant cette aventure. Les enquêteurs de Contrôle découvrirent que son frère était le représentant en France de l'organisation ufologique américaine A.P.R.O. Même si Prévost ne partageait pas l'intérêt de son frère pour les ovnis, il lui aurait été difficile de ne pas être au courant. De plus, dans son propre livre, Prévost dit qu'il avait vu, dans la base où les « intelligences » l'avaient conduit, de nombreux vaisseaux spatiaux semblables à ceux « qu'il avait vus étant enfant ». Il nia aussi avoir lu un magazine où une affaire d'enlèvement par ovnis, très proche de celle de Fontaine, aurait été décrite. Mais Contrôle put établir que ce même magazine se trouvait dans l'appartement de Prévost au moment du prétendu enlèvement.

Les événements de la nuit précédant l'enlèvement devinrent de plus en plus confus à mesure qu'on les examinait. Contrôle découvrit qu'il y avait cinq personnes - et non trois seulement - dans l'appartement de Prévost cette nuit-là. Pourquoi les rapports publiés étaient-ils muets sur la présence de Corinne, la petite amie de Prévost, et de Patrice Joly ? Une explication s'imposait : la présence d'un quatrième jeune homme, Joly, aurait porté préjudice à l'un des faits les plus favorables à Prévost et N'Diaye. Ils avaient soutenu qu'ils étaient venus tout droit à la police après la disparition de Fontaine, bien que sachant que le fait de conduire sans permis ne pouvait leur attirer que des ennuis. Mais Joly était là justement parce que, muni de son permis de conduire, il avait accepté de véhiculer les trois amis au marché de Gisors.

Personne parmi les autres locataires ne paraît avoir remarqué de bruit. Pourquoi N'Diaye déclara-t-il donc que la voiture fut chargée avant de mettre le moteur en marche?

Qui faut-il croire ? Le témoignage du seul voisin qui ait remarqué quelque chose ne fait que rendre l'affaire encore plus confuse. Rentrant chez lui au moment où les jeunes gens étaient soi-disant occupés à charger la voiture, il dit avoir vu deux personnes monter dans une Taunus et s'en aller. Cependant, les trois intéressés soutiennent que Fontaine était seul quand il roula jusqu'à la route pour mieux voir l'ovni qu'ils venaient de repérer.

De même, bien que les ovnis soient difficiles à décrire, les trois descriptions de celui de Cergy-Pontoise diffèrent sensiblement. L'un vit un « énorme rayon », un autre une « boule », le troisième un « éclair ». L'un dit qu'il se déplaçait lentement, un autre qu'il allait très vite ; le premier que l'objet mit deux minutes à traverser le ciel, le second qu'il disparut en quelques secondes. Pas plus d'accord en ce qui concerne la direction prise par l'engin. Les circonstances du retour de Fontaine une semaine après l'enlèvement supposé ne sont pas moins confuses, car plusieurs versions s'affrontent.

Une reconstitution de l'apparition de Cergy-Pontoise. Une affaire exemplaire du début à la fin, tant du côté de la minutie policière que du « montage » mythomaniaque.
Une reconstitution de l'apparition de Cergy-Pontoise. Une affaire exemplaire du début à la fin, tant du côté de la minutie policière que du « montage » mythomaniaque.

Bien d'autres contradictions émaillent le rapport de cinquante pages rédigé par Contrôle. Il y a confusion, sinon tromperie affirmée, à tous les stades de l'affaire. Quelques-unes des discordances peuvent être attribuées à des défaillances de mémoire, mais aucune explication ne peut légitimer l'extraordinaire aventure de Fontaine.

En tant que cas de rencontre d'ovni, celle de Cergy-Pontoise est si ambiguë que peu de gens y attachent du crédit. Mais elle provoqua tant de réactions passionnées qu'il est toujours difficile de se demander ce qui arriva véritablement. Si l'enlèvement n'eut pas lieu, s'agit-il d'un coup monté de toutes pièces ? Ou bien les témoins ont-ils trafiqué peu à peu ce qui fut au départ une véritable rencontre d'ovni ? Dans ce cas, où commencent la tromperie et l'affabulation ?

Nous pouvons croire que Franck Fontaine fut enlevé comme on nous l'affirme, que tous les témoins firent de leur mieux pour dire la vérité et que leurs contradictions viennent seulement de trous de mémoire. Cependant l'étendue des discordances rend plus aisé de croire que le trio élabora cette histoire dans un but bien précis, ajoutant des détails sensationnels qu'ils pouvaient ou non croire réels.

Par ailleurs, nous pouvons supposer que Fontaine ne fut pas enlevé, mais qu'il crut sincèrement l'avoir été. Il peut avoir été mis dans un état de conscience particulier, dans lequel il expérimenta l'illusion de l'enlèvement. Dans ce cas, il s'agit d'un phénomène psychologique connu, sur lequel nous ne nous étendrons pas. Mais les questions demeurent à propos des deux amis de Fontaine. S'il fut abusé, où étaient-ils pendant ce temps ? Étaient-ils aussi dans un état de conscience altérée qui leur donnait l'illusion de vivre le même phénomène ? Cela explique-t-il les contradictions ? Dans ce cas, qui les plongea dans l'illusion et les convainquit de sa réalité ?

Puisque aucune de ces explications ne peut être vérifiée, nous devons considérer comme le plus plausible que l'affaire tout entière fut fabriquée dès le départ.

Une autre question apparaît : Guieu fit-il partie du complot ? Soupçonna-t-il la vérité dès le départ, et, en écrivain professionnel, entrevit-il son potentiel lucratif? Commença-t-il par les croire, comme il l'affirma toujours, avant de découvrir la farce et de décider de continuer peut-être parce qu'il jugeait être allé trop loin ? Ou crut-il l'affaire authentique ? Cette dernière supposition cadre mal avec la longue carrière d'ufologue de Jimmy Guieu, à moins qu'il ne soit anormalement crédule. D'autre part, il est difficile de croire qu'il ait risqué sa réputation en se battant pour ce qu'il savait être un canular. On peut se demander si la vérité sera un jour connue...

Le 15 août 1980, un groupe de gens crédules attend le retour des ovnis à l'endroit où Franck Fontaine avait affirmé qu'ils reviendraient...
Le 15 août 1980, un groupe de gens crédules attend le retour des ovnis à l'endroit où Franck Fontaine avait affirmé qu'ils reviendraient...

(Note du webmaster : Finalement, Jean-Pierre Prévost avoua plus tard que toute l'histoire était un canular...
De fait le Raëlien blondinet qui aborda Franck Fontaine à l'issue de son interrogatoire par les gendarmes (voir photo plus haut) était donc un gros naïf. Manifestement il n'y a guère que les gros naïfs pour tomber dans le panneau de l'histoire que raconte Claude Vorilhon !
Concernant Jimmy Guieu, il refusa de reconnaître avoir été abusé par le trio et s'être fourvoyé. Il tentera de se dédouaner en soutenant que les aveux de Jean-Pierre Prévost n'étaient que le résultat d'une manipulation des Extra-Terrestres !

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