1970 - 1980 : La vague OVNI déferle sur le monde.
Toutes les publications sont touchées par l'OVNI-mania, depuis un dossier spécial dans OKAPI (une revue pour les enfants de 10 à 15 ans) jusqu'à une série de dossiers Soucoupes Volantes dans PILOTE (une revue pour les grands enfants…) en passant par une aventure de Ric Hochet (une bande dessinée) sans oublier l'incontournable hebdomadaire Paris-Match et la non moins incontournable revue Historia. Même la rubrique "courrier des lecteurs" de RUSTICA, (une revue de jardinage…) ne peut y échapper.
Au fil des mois, les articles "OVNI" s'accumulent dans les quotidiens régionaux, comme par exemple dans La Dépêche du Midi, l'incontournable journal du Sud-Ouest (ce qui explique en partie la vocation ufologique du webmaster qui est originaire de la dite région…). Plusieurs revues spécialisées existent afin de rendre compte de cette pléthore d'observations d'OVNI vus ici, là, là-bas, partout ! Il y en a tant et tant que l'hebdomadaire NOSTRA, spécialisé dans l'actualité mystérieuse peut en faire ses choux gras en couverture quasiment chaque semaine tout au long de la décennie. Pour les ufologues les plus "accros", la revue LUMIERES DANS LA NUIT leur apporte chaque mois leur dose de mystérieux objets célestes.
Au milieu de la décennie, en 1975, les extra-terrestres ne prennent même plus la peine de se cacher : ils laissent complaisamment leurs soucoupes volantes se faire photographier.
A croire qu'un débarquement est imminent et que la Guerre des Mondes va avoir lieu !
Quelques années auparavant, les livres sur les OVNI étaient cantonés aux collections marginales de certains éditeurs. Maintenant, le sujet est à la mode et à peu près tous les éditeurs, en plus de ceux spécialisés dans «l'étrange», sortent un "bouquin sur les ovni", même la vénérable collection "Bibliothèque Verte" !
Cette mode sera tellement marquante qu'on lui donnera un nom : la Dänikenite, du nom de l'auteur qui contribuera le plus à populariser ce sujet, Erich Von Däniken).
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Vous pouvez cliquer sur les tranches pour voir la couverture et le dos des livres.![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
Les histoires de personnes affirmant avoir vu des OVNI et, pour certains, avoir vu un extra-terrestre (témoignages classés dans la catégorie "Rencontres du troisième type") sont tellement à la mode à cette époque que Steven Spielberg fait, en 1976, un film sur ce thème, judicieusement intitulé, devinez comment ?
Steven Spielberg n'a pas besoin de faire passer son scénario pour une histoire vraie racontée par un extra-terrestre télépathe qu'il aurait rencontré par hasard en se promenant dans l'ancien cratère d'un volcan d'auvergne. Il n'a pas besoin non plus de cacher ses sources d'inspiration. Le personnage du scientifique, interprété par François Truffaut, est inspiré de l'ufologue français Jacques Vallée et c'est J. Allen Hynek qui est embauché en tant que conseiller technique. Quelques années plus tard, en 1981, la mode des OVNI ayant décliné, Steven Spielberg tournera sa page ufologique sur un nouveau succès au box-office : le film "E.T l'Extra-Terrestre" nous présente un E.T. difforme, perdu et apeuré, bien loin des stéréotypes habituels du petit humanoïde vert descendu de sa cloche à fromage en combinaison moule-burnes… Un an après la sortie de "Rencontres du troisième type", c'est au tour d'un autre surdoué Hollywoodien, George Lucas, de nous faire le coup des Extra-Terrestres.Les Extra-Terrestres de George Lucas ne descendent pas de leur soucoupe volante pour nous tenir un discours baba-coolant : ils ont d'autres chats à fouetter pour cause de guerre intergalactique. "La Guerre des Etoiles" crève l'écran il y a plus de vingt ans, en 1977, mais continue de susciter l'enthousiasme de millions de cinéphiles encore aujourd'hui. George Lucas n'a pas besoin de faire appel aux soi-disant révélations d'un extra-terrestre vert pour écrire son scénario, il n'a pas besoin de promettre l'immortalité ni de promouvoir la "polyvalence sensuelle" pour attirer les foules. Pour devenir riche, il invente le concept de "merchandising". Et quand il ressort en 1997 une version modifiée de son succés de 1977, il n'a pas besoin de prétendre que ces modifications lui ont été dictées par Iahvé revenu l'inviter sur sa planète à une partouze avec six Call-girl synthètiques, en compagnie de Jésus, Boudha et Mahomet. Il n'a pas besoin non plus de cacher que l'argent qu'il va gagner avec ces ré-éditions va lui servir à réaliser les épisodes suivants dont les scénarios sont tout droits sortis de son imagination.
En 1979, le film « ALIEN le 8ème passager », du réalisateur Ridley Scott, prend à contre-pied la notion d'Extra-Terrestre plus ou moins humain.L'Extra-Terrestre d'ALIEN n'a rien d'humanoïde, ni d'humain et il n'a absolument pas pour but d'aider l'humanité, tout au contraire : quasi-invisible, prédateur, brutal, intelligent et sournois, il tue un par un les membres de l'équipage du cargo spatial, le Nostromo. "Dans l'espace, personne ne vous entend crier" prévient l'affiche. Une foule de nouveaux concepts entièrement inédits sont introduits par ce film devenu culte. Les décors contribuent largement à l'ambiance oppressante et surréaliste. Ils sont l'oeuvre d'un artiste hors normes, HR Giger, qui applique là ses concepts "bio-mécaniques". Le scénario fait bien intervenir un "robot humain" tel que prévu par Claude Vorilhon sauf que cet humain est en fait… une machine tellement perfectionnée que personne parmi les membres de l'équipage du cargo ne sait que c'est une machine jusqu'à ce qu'il soit blessé ! Enfin, le héros du film, et seul survivant, est… une héroïne (certaines scènes où elle se ballade en petite tenue et ruisselante de sueur auraient sans doute converti le webmaster à la Méditation Sensuelle si elle avait été Raëlienne… Heureusement, ce n'était que du cinéma !).
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les Martiens et autres Extra-Terrestres n'occupent pas que les réalisateurs Hollywoodiens. Les scientifiques de la NASA aussi sont sur les rangs.
Le 3 mars 1972, la NASA lance la sonde Pioneer 10 destinée à être le premier engin fabriqué par l'homme à sortir de notre système solaire. Sa mission principale est le survol de Jupiter, en décembre 1973, mais ensuite la sonde est placée sur une trajectoire d'évasion avec pour but… aucun, si ce n'est de dériver dans l'espace, « The final frontier », emportant vissé sur son flanc le premier message adressé par des hommes à d'hypothètiques extra-terrestres : une plaque gravée dessinée par l'astronome Carl Sagan et son épouse. La sonde Pioneer 11 lancée l'année suivante porte également la même plaque.
En novembre 1974, un signal est lancé depuis le radio-télescope d'Arecibo en direction de Messier 13, un amas de plus de 300.000 étoiles appartenant à notre galaxie et situé dans la constellation d'Hercule. Ce message codé en binaire peut être transformé en signal de télévision et contient, outre la clé du code, la formule chimique de la vie sur terre (carbone et eau), un dessin de l'être humain, sa taille, la population terrestre (4 milliards), un schéma du système solaire et un schéma de l'émetteur d'Arecibo.Date d'arrivée prévue du signal sur Messier 13 : aux environs de l'an 25974. Si des Extra-Terrestres sont à l'écoute, comprennent le signal et nous répondent par retour du courrier, nous pouvons espérer recevoir leur réponse au plus tôt en l'an 51948…
C'est en juillet et en aout 1975 que deux sondes américaines, baptisées Viking I et Viking II, sont lancées vers Mars où elles vont atterrir un an plus tard, durant l'été 1976.En 1977, les sondes Voyager I et Voyager II ont pour mission l'exploration de Jupiter et de Saturne. Voyager II est destinée à prolonger son périple vers Uranus et Neptune puis, comme Pioneer 10 & 11, à être lancée hors du système solaire dans un voyage vers l'infini (et au-delà…) à la vitesse de 60 000 km/h.
A bord des deux sondes sont placés un disque de cuivre plaqué or de 30 centimètres de diamètre qui transporte des messages de notre civilisation à destination d'éventuels Extra-Terrestres. La durée de vie de ce disque est évaluée à un million d'années. Sur ce disque ont été gravés des dessins représentant notre monde. De plus, à l'intérieur des sondes, se trouvent des dessins, des images, et un disque vynile (avec les instructions pour pouvoir l'écouter : la NASA a pensé à tout !). L'inventaire comprend 115 photographies d'humains, animaux, végétaux, paysages et constructions, 27 morceaux de musique dont un concerto de Bach, la Flûte enchantée de Mozart, des chœurs grégoriens, un chant initiatique de jeunes filles pygmées et Johnny B. Good de Chuck Berry ! Des sons de la Terre (vent, neige…) sont également présents. Autres sons sélectionnés sous l'impulsion de l'incontournable Carl Sagan : des paroles de bienvenue prononcées dans 55 langues dont l'Akkadien parlé il y a 6000 ans à Sumer et le Wu, dialecte moderne chinois.(Le contact avec Voyager II a été perdu en février 2003 alors que selon les estimations de ses concepteurs la sonde devait avoir assez d'énergie pour fonctionner jusqu'en 2020. Collision avec un astéroïde ? Signal devenu trop faible pour être capté ? Les causes du silence radio resteront inconnues, à moins qu'elle n'ait été récupérée par des Extra-Terrestres en goguette dans le coin. La sonde poursuit peut-être son voyage, inanimée et muette. Quoi qu'il en soit, conçue pour fonctionner pendant 9 mois, Voyager aura parfaitement fonctionné pendant plus de 20 ans ! La technologie des années 70, c'était pas du jetable…) |
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La mode spatiale ne touche pas seulement les livres, le cinéma, les montres ou les voitures exotiques : un artiste crée le drapeau de la planète Terre figurant notre planète vue de l'espace et la musique se teinte progressivement de sonorités sidérales grace à l'avènement de nouveaux instruments électroniques.
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Cette "mode OVNI" fait que l'on ne compte plus les personnes affirmant avoir vu des Extra-Terrestres, et, pour certains, avoir reçu un "message à transmettre aux hommes".
C'est le cas par exemple de Jean Miguères, qui multipliera conférences, articles et interviews au début des années 70 jusqu'à ce qu'il publie, en 1977, un livre intitulé
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Si la plupart des Extra-Terrestres se contentent de délivrer leur message oralement, ou par télépathie, puis de remonter dare-dare dans leur soucoupe volante afin de regagner leurs penates fissa, d'autres sont infiniment plus lents et besogneux : ils débarquent un corps expéditionnaire en 1950, |
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Outre la mode "OVNI", les années 70 sont aussi en proie à la mode "Messie", et c'est ainsi qu'apparaissent sur le marché de la superstition divers personnages hauts en couleurs, dont les Messies d'inspiration soucoupiste ne sont qu'une variété.
Claude Vorilhon n'est d'ailleurs pas, loin s'en faut, le seul "prophète" à proclamer une bonne parole mélant allègrement Extra-terrestres, OVNIS, Elohims et bible. L'israëlien Uri GELLER devient célèbre dès 1971 pour ses torsions de petites cuillères "par la seule force de sa pensée" mais une autre facette du personnage (facette que les exploits télékinésiques tordants ont contribué à faire oublier) est qu'il affirme être un messager téléguidé par les ordinateurs d'une race d'êtres venant d'une autre planète et qui sont les Elohim de la bible… En fait, cette idée est si répandue à l'époque que c'est précisément sur un exemple de secte professant ce type d'enseignement, L'Ordre de Melchisédec, que débute le livre de dominique Sandri "A la recherche des sectes et société secrètes d'aujourd'hui" qui paraît en 1978 (livre où les Raëliens ne figurent pas tant le mouvement de Claude Vorilhon est insignifiant à cette époque). La variété la plus commune des Messies de l'époque est toutefois non pas celle des soucoupistes mais, bien entendu, la variété d'inspiration Christique :
- En 1973, deux milles adeptes de David-Brandt Berg, alias Moïse David, ou plus simplement MO, un ex-télévangéliste Américain, émigrent en Europe. Selon une prophétie de MO, une comète doit détruire les États-Unis le 4 décembre 1973. Rien ne se passe, mais la crédulité des imbéciles n'ayant pas de bornes, l'année suivante le nombre d'adeptes à doublé… grâce au Flirty Fishing, la prostitution des adeptes féminines.
- En 1974, aux USA, le Coréen Moon, prophète de l'Association pour l'unification du christianisme mondial, est reçu à la Maison Blanche. La même année, devant 25000 auditeurs, au Madison Square Garden à New York, il proclame sa révélation au monde : il est le Messie, dernier espoir pour l'humanité. Son plus célèbre coup d'éclat est le mariage collectif de 1801 couples, en 1975, dans le stade de Séoul en Corée du Sud.
- En 1975, à l'âge de 42 ans, Gabriel Wittek, une femme au foyer Allemande, reçoit un don prophétique : le Christ lui parle et elle devient porte-parole de Dieu. Elle fonde l'oeuvre de réintégration christique en 1978. Fortune faite, et investie dans l'immobiler, elle prend sa retraite en 1995, à 62 ans.
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Ces Messies ont pour la plupart un point commun avec Claude Vorilhon : ils sont étrangement distraits et ne pensent jamais à faire la moindre photo, pas même un petit polaroïd… alors que, comme Claude Vorilhon, ils ont rendez-vous plusieurs fois de suite avec leurs messagers respectifs. N'avoir pas un appareil photo la première fois, c'est normal. Mais "oublier" d'en apporter un les fois suivantes, alors que RIEN ne l'empèche, là, c'est pas normal du tout (sauf s'il n'y a rien à photographier parce que tout est inventé…)
Bref, au milieu des années 70, non seulement il y a des embouteillages d'OVNI dans l'atmosphère (et des Extra-Terrestres en goguette à tous les coins des raccourcis que l'on cherche sans jamais les trouver), mais en plus, c'est la foire d'empoigne chez les Messies, à tel point que Jean Sendy (encore lui, quel hasard…) publie en 1975 un livre judicieusement intitulé :
Pour l'anecdote, on notera que dans cet ouvrage, Jean Sendy se permet de railler Claude Vorilhon en termes à peine voilés, dans le chapitre qu'il consacre à l'histoire de Betty HILL (encore une autre contactée…) :