Les années Seventies

1970 - 1980 : La vague OVNI déferle sur le monde.
Toutes les publications sont touchées par l'OVNI-mania, depuis un dossier spécial dans OKAPI (une revue pour les enfants de 10 à 15 ans) jusqu'à une série de dossiers Soucoupes Volantes dans PILOTE (une revue pour les grands enfants…) en passant par une aventure de Ric Hochet (une bande dessinée) sans oublier l'incontournable hebdomadaire Paris-Match et la non moins incontournable revue Historia. Même la rubrique "courrier des lecteurs" de RUSTICA, (une revue de jardinage…) ne peut y échapper.
Au fil des mois, les articles "OVNI" s'accumulent dans les quotidiens régionaux, comme par exemple dans La Dépêche du Midi, l'incontournable journal du Sud-Ouest (ce qui explique en partie la vocation ufologique du webmaster qui est originaire de la dite région…). Plusieurs revues spécialisées existent afin de rendre compte de cette pléthore d'observations d'OVNI vus ici, là, là-bas, partout ! Il y en a tant et tant que l'hebdomadaire NOSTRA, spécialisé dans l'actualité mystérieuse peut en faire ses choux gras en couverture quasiment chaque semaine tout au long de la décennie. Pour les ufologues les plus "accros", la revue LUMIERES DANS LA NUIT leur apporte chaque mois leur dose de mystérieux objets célestes.
Au milieu de la décennie, en 1975, les extra-terrestres ne prennent même plus la peine de se cacher : ils laissent complaisamment leurs soucoupes volantes se faire photographier.
A croire qu'un débarquement est imminent et que la Guerre des Mondes va avoir lieu !

Quelques années auparavant, les livres sur les OVNI étaient cantonés aux collections marginales de certains éditeurs. Maintenant, le sujet est à la mode et à peu près tous les éditeurs, en plus de ceux spécialisés dans «l'étrange», sortent un "bouquin sur les ovni", même la vénérable collection "Bibliothèque Verte" !
Cette mode sera tellement marquante qu'on lui donnera un nom : la Dänikenite, du nom de l'auteur qui contribuera le plus à populariser ce sujet, Erich Von Däniken).

OVNI et Extra-Terrestresla nouvelle vague des soucoupes volantesils ont rencontré des extra-terrestresLes OVNI de l'apocalypseAlerte ! Extra-Terrestres !
 Vous pouvez cliquer sur les tranches pour voir la couverture et le dos des livres.
à la recherche des Extra-Terrestres
en quête des humanoïdes
le livre des anciens astronautes
les géants venus du ciel
le mystère des O.V.N.I.
l'énigme des Andes
mes preuves, cinq continents témoignent
les Objets Volants Non Identifiés, mythe ou réalité ?
nouveau rapport sur les O.V.N.I.
URI GELLER
rencontres du troisième type
Alien, le huitième passager
science-fiction et suocoupes volantes
la science face aux extra-terrestres
la nouvelle vague des soucoupes volantes
le nouveau défi des O.V.N.I.
Astronautes de l'ancien orient
Contacts OVNI Cergy-Pontoise
Le dossier secret des O.V.N.I.
contacts du 4e type - Les OVNI précurseurs de notre avenir
Les soucoupes volantes - la guerre des mondes aura-t-elle lieu ?
soucoupes volantes - 25 ans d'enquêtes
Des soucoupes volantes aux OVNI
ils ont rencontré des extra-terrestres
guide du chasseur de phenomenes OVNI
J'ai été le cobaye des extra-terrestres
Le cobaye des extra-terrestres face aux scientifiques
Rencontre avec les Extra-terrestres
la bible et les extra-terrestres
Mystérieuses soucoupes volantes
Nos ancêtres venus du cosmos
L'or des dieux
face aux extra-terrestres
HISTORIA n°368 Juillet 1977 : Dossier spécial soucoupes volantes
HISTORIA Hors Série n°46, 1976 - Les soucoupes volantes, un dossier sérieux sur une affaire troublante

Affiche du film de Steven Spielberg - Rencontre du troisième type
Les histoires de personnes affirmant avoir vu des OVNI et, pour certains, avoir vu un extra-terrestre (témoignages classés dans la catégorie "Rencontres du troisième type") sont tellement à la mode à cette époque que Steven Spielberg fait, en 1976, un film sur ce thème, judicieusement intitulé, devinez comment ?
Steven Spielberg n'a pas besoin de faire passer son scénario pour une histoire vraie racontée par un extra-terrestre télépathe qu'il aurait rencontré par hasard en se promenant dans l'ancien cratère d'un volcan d'auvergne. Il n'a pas besoin non plus de cacher ses sources d'inspiration. Le personnage du scientifique, interprété par François Truffaut, est inspiré de l'ufologue français Jacques Vallée et c'est J. Allen Hynek qui est embauché en tant que conseiller technique.
Affiche du film de Steven Spielberg - E.T. l'Extra-TerrestreQuelques années plus tard, en 1981, la mode des OVNI ayant décliné, Steven Spielberg tournera sa page ufologique sur un nouveau succès au box-office : le film "E.T l'Extra-Terrestre" nous présente un E.T. difforme, perdu et apeuré, bien loin des stéréotypes habituels du petit humanoïde vert descendu de sa cloche à fromage en combinaison moule-burnes…
Affiche du film de George Lucas - La Guerre des Etoiles (1977 - IV)Un an après la sortie de "Rencontres du troisième type", c'est au tour d'un autre surdoué Hollywoodien, George Lucas, de nous faire le coup des Extra-Terrestres.
Les Extra-Terrestres de George Lucas ne descendent pas de leur soucoupe volante pour nous tenir un discours baba-coolant : ils ont d'autres chats à fouetter pour cause de guerre intergalactique. "La Guerre des Etoiles" crève l'écran il y a plus de vingt ans, en 1977, mais continue de susciter l'enthousiasme de millions de cinéphiles encore aujourd'hui. George Lucas n'a pas besoin de faire appel aux soi-disant révélations d'un extra-terrestre vert pour écrire son scénario, il n'a pas besoin de promettre l'immortalité ni de promouvoir la "polyvalence sensuelle" pour attirer les foules. Pour devenir riche, il invente le concept de "merchandising". Et quand il ressort en 1997 une version modifiée de son succés de 1977, il n'a pas besoin de prétendre que ces modifications lui ont été dictées par Iahvé revenu l'inviter sur sa planète à une partouze avec six Call-girl synthètiques, en compagnie de Jésus, Boudha et Mahomet. Il n'a pas besoin non plus de cacher que l'argent qu'il va gagner avec ces ré-éditions va lui servir à réaliser les épisodes suivants dont les scénarios sont tout droits sortis de son imagination.
ALIEN, affiche du film En 1979, le film « ALIEN le 8ème passager », du réalisateur Ridley Scott, prend à contre-pied la notion d'Extra-Terrestre plus ou moins humain.
L'Extra-Terrestre d'ALIEN n'a rien d'humanoïde, ni d'humain et il n'a absolument pas pour but d'aider l'humanité, tout au contraire : quasi-invisible, prédateur, brutal, intelligent et sournois, il tue un par un les membres de l'équipage du cargo spatial, le Nostromo. "Dans l'espace, personne ne vous entend crier" prévient l'affiche. Une foule de nouveaux concepts entièrement inédits sont introduits par ce film devenu culte. Les décors contribuent largement à l'ambiance oppressante et surréaliste. Ils sont l'oeuvre d'un artiste hors normes, HR Giger, qui applique là ses concepts "bio-mécaniques". Le scénario fait bien intervenir un "robot humain" tel que prévu par Claude Vorilhon sauf que cet humain est en fait… une machine tellement perfectionnée que personne parmi les membres de l'équipage du cargo ne sait que c'est une machine jusqu'à ce qu'il soit blessé ! Enfin, le héros du film, et seul survivant, est… une héroïne (certaines scènes où elle se ballade en petite tenue et ruisselante de sueur auraient sans doute converti le webmaster à la Méditation Sensuelle si elle avait été Raëlienne… Heureusement, ce n'était que du cinéma !).

Le gendarme et les extra-terrestres Contrairement aux USA, on ne peut pas dire qu'en France la mode Extra-Terrestre donnera naissance à d'impérissables chefs d'oeuvres du 7ème art, loin s'en faut.
Dans le domaine des petits hommes verts et de leurs soucoupes volantes, le cinéma Français n'emboîte le pas au cinéma Américain qu'en 1979 avec l'avant-dernier épisode de la série des « Gendarmes de St-Tropez », épisode platement intitulé "Le gendarme et les extra-terrestres". Le scénario est à la hauteur des effets spéciaux : affligeant… Les E.T. sont "humains" hormis qu'ils font un bruit de bidon vide quand on leur tape dans le dos et on voit que la soucoupe volante (manifestement en contre-plaqué) "vole"… suspendue au câble d'une grue : c'est presque du Ed Wood ! Nous sommes bien loin des vibrations fascinantes du sabre-laser d'un Luke Skywalker ou de l'apparition féérique d'un OVNI "Made in Spielberg".

la plaque-message de la sonde spatiale Pioneer 10
les Martiens et autres Extra-Terrestres n'occupent pas que les réalisateurs Hollywoodiens. Les scientifiques de la NASA aussi sont sur les rangs.
Le 3 mars 1972, la NASA lance la sonde Pioneer 10 destinée à être le premier engin fabriqué par l'homme à sortir de notre système solaire. Sa mission principale est le survol de Jupiter, en décembre 1973, mais ensuite la sonde est placée sur une trajectoire d'évasion avec pour but… aucun, si ce n'est de dériver dans l'espace, « The final frontier », emportant vissé sur son flanc le premier message adressé par des hommes à d'hypothètiques extra-terrestres : une plaque gravée dessinée par l'astronome Carl Sagan et son épouse. La sonde Pioneer 11 lancée l'année suivante porte également la même plaque.
le message binaire d'Arecibo En novembre 1974, un signal est lancé depuis le radio-télescope d'Arecibo en direction de Messier 13, un amas de plus de 300.000 étoiles appartenant à notre galaxie et situé dans la constellation d'Hercule. Ce message codé en binaire peut être transformé en signal de télévision et contient, outre la clé du code, la formule chimique de la vie sur terre (carbone et eau), un dessin de l'être humain, sa taille, la population terrestre (4 milliards), un schéma du système solaire et un schéma de l'émetteur d'Arecibo.
Date d'arrivée prévue du signal sur Messier 13 : aux environs de l'an 25974. Si des Extra-Terrestres sont à l'écoute, comprennent le signal et nous répondent par retour du courrier, nous pouvons espérer recevoir leur réponse au plus tôt en l'an 51948…
la sonde viking avant la pose de la coiffe C'est en juillet et en aout 1975 que deux sondes américaines, baptisées Viking I et Viking II, sont lancées vers Mars où elles vont atterrir un an plus tard, durant l'été 1976.
En 1977, les sondes Voyager I et Voyager II ont pour mission l'exploration de Jupiter et de Saturne. Voyager II est destinée à prolonger son périple vers Uranus et Neptune puis, comme Pioneer 10 & 11, à être lancée hors du système solaire dans un voyage vers l'infini (et au-delà…) à la vitesse de 60 000 km/h.
disque de cuivre plaqué or des sondes Voyager I et II A bord des deux sondes sont placés un disque de cuivre plaqué or de 30 centimètres de diamètre qui transporte des messages de notre civilisation à destination d'éventuels Extra-Terrestres. La durée de vie de ce disque est évaluée à un million d'années. Sur ce disque ont été gravés des dessins représentant notre monde. De plus, à l'intérieur des sondes, se trouvent des dessins, des images, et un disque vynile (avec les instructions pour pouvoir l'écouter : la NASA a pensé à tout !). L'inventaire comprend 115 photographies d'humains, animaux, végétaux, paysages et constructions, 27 morceaux de musique dont un concerto de Bach, la Flûte enchantée de Mozart, des chœurs grégoriens, un chant initiatique de jeunes filles pygmées et Johnny B. Good de Chuck Berry ! Des sons de la Terre (vent, neige…) sont également présents. Autres sons sélectionnés sous l'impulsion de l'incontournable Carl Sagan : des paroles de bienvenue prononcées dans 55 langues dont l'Akkadien parlé il y a 6000 ans à Sumer et le Wu, dialecte moderne chinois.
(Le contact avec Voyager II a été perdu en février 2003 alors que selon les estimations de ses concepteurs la sonde devait avoir assez d'énergie pour fonctionner jusqu'en 2020. Collision avec un astéroïde ? Signal devenu trop faible pour être capté ? Les causes du silence radio resteront inconnues, à moins qu'elle n'ait été récupérée par des Extra-Terrestres en goguette dans le coin. La sonde poursuit peut-être son voyage, inanimée et muette. Quoi qu'il en soit, conçue pour fonctionner pendant 9 mois, Voyager aura parfaitement fonctionné pendant plus de 20 ans ! La technologie des années 70, c'était pas du jetable…)

montre à LED PulsarLa technologie spatiale connait sa première application grand public visible en 1973.
C'est cette année là que les premières montres électroniques, dites Digitales, détrônent les montres mécaniques.
La montre à affichage LED avec son affichage lumineux, habituellement rouge, immédiatement reconnaissable, est présentée pour la première fois en tant que montre moderne de très haute qualité, et de grand prix, par la compagnie américaine Hamilton sous le nom, et le design, très spatial de "Pulsar".

Voiture CaraboLe design spatial va aussi inspirer les designers de voitures de sport qui donnent à leurs créations des allures de navettes spatiales. La plupart de ces designs ne dépassent pas le stade des concepts cars pour salons automobiles (telle la Carabo ci-contre à gauche) ou pour les besoins d'un film, hormis deux véhicules qui deviendront mythiques : La Delorean et la Vector.

voiture DeloreanFort de son expérience au sein de General Motors, John Z. Delorean (USA) (prononcer Delorihan) se met en tête de lancer sa propre marque, DMC (Delorean Motor Company) et de fabriquer en série sa propre voiture de sport à carrosserie en acier inoxydable et portes à ouverture papillon. Ce sera un retentissant échec commercial.
La Delorean ne connaîtra une carrière de véhicule d'exception, principalement due à son "look", qu'une fois DMC en faillite, John Z. Delorean parti, l'usine fermée, la marque rachetée et les quelques milliers de voitures produites fiabilisées par des spécialistes indépendants.

voiture VectorToujours aux USA, Gerald A. WIEGERT présente la maquette 1/1 de son projet Vector en 1972 au Motor Show de Los Angeles et le premier prototype roulant en 1978.
Contrairement à la Delorean "industrielle", la Vector est produite artisanalement à partir de matériaux issus de la technologie aéronautique.
Là encore, le succès commercial (tout relatif vu le prix astronomique de chaque véhicule !) ne sera au rendez-vous qu'une fois la firme rachetée par d'autres.

La mode spatiale ne touche pas seulement les livres, le cinéma, les montres ou les voitures exotiques : un artiste crée le drapeau de la planète Terre figurant notre planète vue de l'espace et la musique se teinte progressivement de sonorités sidérales grace à l'avènement de nouveaux instruments électroniques.
pochette du disque microsillon 33 tours OXYGENE de Jean-Michel JARRE En 1976, le fils du célèbre compositeur Maurice Jarre, Jean-Michel Jarre, va se faire un prénom en utilisant largement les instruments de musique de son époque : les synthétiseurs et la gamme des sons retraités par l'électronique. Son premier album, un 33 tours intitulé OXYGENE (les CD n'existaient pas encore…) est innovant à plus d'un titre, par exemple parce qu'il n'y a pas de coupure entre les différents morceaux, mais une transition, et les morceaux eux-mêmes ne portent pas de titres mais seulement un numéro.

pochette du CD Best Of du groupe SPACEEn 1977, Le groupe SPACE va se faire connaitre du grand public grâce au journaliste Jean-Claude Bourret (auteur de plusieurs livres sur les OVNI) Le titre MAGIC FLY, composé pour un émission de télévision qui ne verra jamais le jour, séduit Jean-Claude Bourret, qui l'adopte aussitôt pour annoncer son émission quotidienne sur Radio Monte-Carlo. Dès les premières diffusions, près de cent personnes appellent chaque jour la station monégasque afin de se renseigner sur cette musique étrange, venue d'un ailleurs attirant et planant.

pochette du disque microsillon 45 tours du générique de l'émission TEMPS X des frères jumeaux Igor et Grichka Bogdanoff En 1979, à la télévision, le générique spatial de l'émission hebdomadaire TEMPS X fait lui aussi appel à la musique électronique. Ce générique sera le signal de ralliement de centaines de milliers d'adolescents (dont le webmaster…) qui se retrouvent devant leur poste de télévision pour la grande messe sciento-fictive que les deux sympathiques gourous jumeaux Igor et Grichka Bogdanoff animent vétus de combinaison spatiales au milieu d'un décor futuriste et dans un sabir cosmico-scientifico-bogdanovien au phrasé inimitable (dont on peut encore se délecter dans la très courte émission TV hebdomadaire qu'ils animent sous forme de clones en images de synthèse) .

pochette du disque microsillon 45 tours "Je rêve des petits hommes verts" de CARLOSLes chanteurs de variétés ne sont pas en reste et se mettent eux aussi « à faire dans l'Extra-Terrestre ». En 1978, Carlos chante « Je rêve des petits hommes verts ». Les paroles résument avec humour les récits des contactés de l'époque, et cette chanson pourrait quasiment être prise comme hymne par les raëliens tant elle correspond à l'histoire de Claude « Raël » Vorilhon, jugez plutôt :
 
Je rêve, je rêve, je rêve,
Des petits hommes verts, hommes verts, hommes verts
Aux p’tits yeux, en pastilles de menthe.
Qui viennent, qui viennent, qui viennent
Faire un tour sur terre, sur terre, sur terre,
A bord, des soucoupes volantes.
 
pochette du disque microsillon 45 tours "Frédéric et l'O.V.N.I." de Gérard Lenorman Lorsque j’étais bébé, j’en ai vu un tomber,
Par un soir de Noël, dans une gerbe d’étincelles.
Et depuis cette nuit, j’suis dev’nu leur ami,
Correspondant unique des Christophe Colomb cosmiques.
 
Un soir de février, ils m’ont tous invités
Dans leur système solaire, pour la grande semaine du vert.
Et mon cœur a craqué, lorsque j’ai débarqué,
Pour une jolie Martienne, toute nue sous ses antennes.
 
Dans un registre plus « mystique », Gérard Lenorman sortira en 1980 le 45 tours « Frédéric et l'O.V.N.I. » qui raconte le contact entre un enfant et un Extra-Terrestre débarqué, comme d'habitude, de sa soucoupe volante. L'enfant apprend la sagesse auprès de ce visiteur cosmique, souhaite partir avec lui sur sa planète mais doit rester sur terre car l'E.T. n'a pas le droit de l'emmener.

Cette "mode OVNI" fait que l'on ne compte plus les personnes affirmant avoir vu des Extra-Terrestres, et, pour certains, avoir reçu un "message à transmettre aux hommes".
C'est le cas par exemple de Jean Miguères, qui multipliera conférences, articles et interviews au début des années 70 jusqu'à ce qu'il publie, en 1977, un livre intitulé

J'ai été le cobaye des extra-terrestres
dans lequel il délivre lui-aussi son "message donné par les extra-terrestres" (message qui contredit celui de Claude Vorilhon…).

Si la plupart des Extra-Terrestres se contentent de délivrer leur message oralement, ou par télépathie, puis de remonter dare-dare dans leur soucoupe volante afin de regagner leurs penates fissa, d'autres sont infiniment plus lents et besogneux : ils débarquent un corps expéditionnaire en 1950,portrait d'un Extra-Terrestre Ummite se fondent dans la population et l'étudient jusqu'en 1966, année à partir de laquelle ils louent les services d'un terrien pour taper leurs révélations à la machine à écrire (le traitement de texte et les imprimantes personnelles n'existaient pas encore…). Objectif : préparer la population terrestre pour un contact (à l'horizon 2030-2050…). Si vous vous demandez pourquoi donc ils ne tapent pas eux-mêmes ces lettres, l'explication est qu'ils ont, selon eux, « une sensibilité extrème au bout des doigts, incompatible avec l'utilisation d'une machine à écrire ». Ces Extra-Terrestres "adactylographes" sont les Ummites. Durant toute la décennie 70 (et même après…), ils vont expédier depuis un peu tous les pays du monde une impressionnante quantité de lettres (plusieurs milliers de pages au total…) traitant d'un peu tous les sujets (science, religion, sociologie, histoire…) au domicile de diverses personnalités sur l'ensemble de la planète (mais pas une seule à Claude "Raël" Vorilhon…).
Les Ummites affirment venir de la planète Ummo, qui serait notre étoile Wolf 424, et ressembler à des terriens de style nordique : blonds et grands (portrait ci-contre. Signe particulier : l'absence de glotte leur donnerait une voix nasillarde.)
Basés originellement en Espagne, les Ummites se feront connaître en France par l'intermédiaire de Jean-Pierre Petit.

Outre la mode "OVNI", les années 70 sont aussi en proie à la mode "Messie", et c'est ainsi qu'apparaissent sur le marché de la superstition divers personnages hauts en couleurs, dont les Messies d'inspiration soucoupiste ne sont qu'une variété.
Claude Vorilhon n'est d'ailleurs pas, loin s'en faut, le seul "prophète" à proclamer une bonne parole mélant allègrement Extra-terrestres, OVNIS, Elohims et bible.
L'israëlien Uri GELLER devient célèbre dès 1971 pour ses torsions de petites cuillères "par la seule force de sa pensée" mais une autre facette du personnage (facette que les exploits télékinésiques tordants ont contribué à faire oublier) est qu'il affirme être un messager téléguidé par les ordinateurs d'une race d'êtres venant d'une autre planète et qui sont les Elohim de la bible
En fait, cette idée est si répandue à l'époque que c'est précisément sur un exemple de secte professant ce type d'enseignement, L'Ordre de Melchisédec, que débute le livre de dominique Sandri "A la recherche des sectes et société secrètes d'aujourd'hui" qui paraît en 1978 (livre où les Raëliens ne figurent pas tant le mouvement de Claude Vorilhon est insignifiant à cette époque).
A la recherche des sectes et société secrètes d'aujourd'hui
La variété la plus commune des Messies de l'époque est toutefois non pas celle des soucoupistes mais, bien entendu, la variété d'inspiration Christique :

les pèlerins de Dozulé - De 1972 à 1978, à DOZULÉ dans le Calvados, Marie Aumont reçoit une série de 49 apparitions du Christ. Il demande de dresser une croix haute de 738 mètres, faute de quoi une catastrophe nucléaire dévastera le monde avant l’an 2000. Elle fonde le mouvement des pèlerins de La Croix Glorieuse de Dozulé. La croix n'est toujours pas construite.
(Scoop : elle s'était gourée dans les unités, le christ avait parlé en millimètres mais comme elle était un peu sourde elle n'avait entendu que la fin "738 ?????mètres". C'est moi qui, seul, ai compris cela en analysant les témoignages de Marie Aumont et c'est moi seul qui ai construit la croix et c'est donc moi qui ai sauvé le monde à moi tout seul. Prosternez-vous devant moi, le webmaster sauveur du monde !)
Pour se sentir moins idiots, les adeptes construisent maintenant des croix individuelles de 7,38 mètres de haut. Cette dimension, outre de constituer exactement le 100ième de la hauteur de la croix d'origine qui ne fut (et ne sera) jamais construite, a aussi (et surtout…) la « miraculeuse » propriété d'être sous la barre fatidique des 8 mètres à partir desquels tout monument, quel qu'il soit, nécessite l'obtention d'un permis de construire. Que va-t-il donc se passer quand il y aura eu 738 mètres (100 x 7,38) de « croix dozuléenne » édifiés ? (Rien, rien du tout, que dalle : je prend les paris !)

- En 1973, deux milles adeptes de David-Brandt Berg, alias Moïse David, ou plus simplement MO, un ex-télévangéliste Américain, émigrent en Europe. Selon une prophétie de MO, une comète doit détruire les États-Unis le 4 décembre 1973. Rien ne se passe, mais la crédulité des imbéciles n'ayant pas de bornes, l'année suivante le nombre d'adeptes à doublé… grâce au Flirty Fishing, la prostitution des adeptes féminines.
(A côté de MO, Raël, avec sa méditation sensuelle, fait figure d'enfant de Choeur…).

- En 1974, aux USA, le Coréen Moon, prophète de l'Association pour l'unification du christianisme mondial, est reçu à la Maison Blanche. La même année, devant 25000 auditeurs, au Madison Square Garden à New York, il proclame sa révélation au monde : il est le Messie, dernier espoir pour l'humanité. Son plus célèbre coup d'éclat est le mariage collectif de 1801 couples, en 1975, dans le stade de Séoul en Corée du Sud.
(A côté de Moon, Raël, avec ses maigres dizaines de candidats au baptème frontal, fait figure d'amateur à la petite semaine…)

- En 1975, à l'âge de 42 ans, Gabriel Wittek, une femme au foyer Allemande, reçoit un don prophétique : le Christ lui parle et elle devient porte-parole de Dieu. Elle fonde l'oeuvre de réintégration christique en 1978. Fortune faite, et investie dans l'immobiler, elle prend sa retraite en 1995, à 62 ans.
(Voilà qui est typiquement Germanique : discret et… efficace !)

la révélation d'Arès Mais dans le genre Christique, le pompon revient haut la main à Michel Potay, d'Arès, en Gironde. Ex-prètre orthodoxe (et ex-voyant-occultiste…). Michel Potay va recevoir la visite du Christ, à quarante reprises, en 1974 et recueillir ainsi La révélation d'Arès.
Malheureusement, il ne pensera pas une seule fois (sur les quarante…) à prendre une photo ni même à enregister sur magnétophone le message dicté par le Christ. Ce qui l'amènera à ne plus pouvoir relire certains passages de ses notes !
Trois ans plus tard, en 1977, à plusieurs reprises là aussi, Michel Potay recevra cette fois, carrément, la visite de Dieu lui-même, en personne, personnellement. Là encore, et malgré les difficultés qu'il a expérimentées pour se relire, il ne lui viendra pas à l'idée de faire un enregistrement sur magnétophone, ni bien entendu des photos et encore moins un Super8 (à l'époque, les camescopes n'existaient pas).

Ces Messies ont pour la plupart un point commun avec Claude Vorilhon : ils sont étrangement distraits et ne pensent jamais à faire la moindre photo, pas même un petit polaroïd… alors que, comme Claude Vorilhon, ils ont rendez-vous plusieurs fois de suite avec leurs messagers respectifs. N'avoir pas un appareil photo la première fois, c'est normal. Mais "oublier" d'en apporter un les fois suivantes, alors que RIEN ne l'empèche, là, c'est pas normal du tout (sauf s'il n'y a rien à photographier parce que tout est inventé…)

Bref, au milieu des années 70, non seulement il y a des embouteillages d'OVNI dans l'atmosphère (et des Extra-Terrestres en goguette à tous les coins des raccourcis que l'on cherche sans jamais les trouver), mais en plus, c'est la foire d'empoigne chez les Messies, à tel point que Jean Sendy (encore lui, quel hasard…) publie en 1975 un livre judicieusement intitulé :

les temps messianiques

Pour l'anecdote, on notera que dans cet ouvrage, Jean Sendy se permet de railler Claude Vorilhon en termes à peine voilés, dans le chapitre qu'il consacre à l'histoire de Betty HILL (encore une autre contactée…) :

Je ne croyais pas un mot de cette histoire [celle de Betty Hill], dans laquelle je voyais une variante de l'aimable fumisterie du brave jeune homme qui, ayant lu mes livres, a décidé d'appeler «les Elohim» ces extraterrestres auxquels il attribue les platitudes qu'il débite dans des conférences.
"les temps messianiques", page 220